Sinologue française vivant à Shanghai, jeune maman active férue d'écologie, fan de littérature comme de mangas, écrivain en herbe et volontaire dans diverses associations sociales, mes activités et centres d’intérêts sont divers. J'aimerais partager coups de cœur, de gueule et 没办法!
March 22 2013
Un petit article qui m'a interloquée. Ceux qui vivent à Shanghai on forcément entendu parler de la Yongkanglu, ou comment une petite rue tranquille peut se transformer en artère bondée et bruyante.
J'y étais l'année dernière et déjà les riverains se plaignaient du bruit (mais à l'époque, il faisait froid, personne n'était dehors). Il n'était que 21h30, pour ceux qui sortent, c'est tôt, mais pour les chinois c'est assez tard (surtout pour des personnes âgées).
Le problème c'est que ce sont des business prolifiques, alors il faut trouver un arrangement: rester raisonnable et fermer tôt (après tout ce ne sont pas des boîtes de nuits non plus). Mais la foule attirant la foule....
En tout cas, pas sûr que le coup du seau d'eau puisse faire fuir les clients! Mais comme à Shanghai, le lieu "hype" se font et se défont rapidement, d'ici peu ils iront s'abreuver ailleurs...
Patience brave gens!
Ca me fait pense à pleins d'anecdotes que je vais raconter sur mon autre blog.
Guerre entre expatriés et Chinois dans la "rue de la soif" de Shanghaï
Chine
Shanghai
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Capture d'écran de la vidéo où une cliente d'un bar provoque un des riverains.
Yongkang Road est une des nouvelles rues branchées de Shanghaï. En deux ans, les bars et restaurants internationaux s’y sont multipliés et elle est devenue l'un des principaux lieux de rendez-vous des expatriés de la mégalopole chinoise. Ce qui n’est pas du goût de ses habitants, qui ne supportent plus le boucan provoqué par ces nouveaux voisins nocturnes souvent éméchés, sur lesquels ils n’hésitent plus à jeter des seaux d’eau ou toutes sortes de projectiles.
Une vidéo tournée samedi 9 mars par un habitant de la rue révèle la tension latente qui s’y est installée. Les clients d’un bar, agglutinés sur le trottoir adjacent, sont aspergés d’eau à plusieurs reprises. Le jet provient manifestement d’un appartement situé en face de l’enseigne. Une client n’hésite d’ailleurs pas à provoquer les riverains, en se plaçant au milieu de la rue et comptant à haute voix jusqu’à ce qu’un habitant se remette à jeter de l’eau.
La tension entre expatriés et résidents semble avoir atteint son comble lors de cette soirée, puisque l’entreprise gérant les concessions de Yongkang Road leur a demandé de fermer désormais leurs portes à 22 heures. Une consigne néanmoins très peu respectée, ce qui laisse augurer de nouveaux accrochages avec l’arrivée des beaux jours.
Des clients devant le Café des stagiaires sur Yongkang Road. Crédit : Facebook/Café des Stagiaires
Contributeurs
Alexandre Daune
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"Ce sont des disputes entres gens soûls qui favorisent le racisme"
Alexandre Daune est Français et vit à Shanghaï. Il est le gérant de six enseignes à Shanghaï, dont Le Café des stagiaires et La Buvette situés sur Yongkang Road.
Il y a trois ans, les autorités ont décidé de réhabiliter cette rue, surnommée jusque-là la "rue qui pue", où il n’y avait aucun commerce et aucune vie. Une société chinoise privée, appelée ici un "management", s’est vue attribuer la gestion de 70 enseignes dans la rue et la délivrance des concessions. J’ai été le premier à m’implanter, avec une boulangerie, ça a marché et d’autres bars ont suivi. Cette rue est désormais très vivante et est devenue l'un des repères des expatriés, notamment français, britanniques, américains et australiens.
Les vendredi et samedi soir, il peut y avoir jusqu’à 1 500 personnes dans la rue, qui discutent, boivent et fument. Ça fait forcément du bruit, auquel il faut ajouter celui des voitures, qui ont du mal à circuler du fait du monde, ce qui entraîne bouchons et klaxons. Les habitants protestent en jetant de l’eau voire carrément des bouteilles en verre, car cette rue est habitée par des retraités mais aussi des chômeurs dont beaucoup sont alcooliques. On assiste donc à des disputes entre gens soûls, d’un côté les chômeurs, de l’autre les expatriés. Ils s’insultent mutuellement, et cela favorise le racisme. Je comprends les Chinois : si j’habitais à Paris au-dessus d’un bar dans lequel des dizaines de Chinois se retrouvent pour faire la fête tous les soirs, je deviendrais fou…
J’ai appliqué la consigne du "management" et je ferme mes bars désormais à 22 heures, mais très peu d’autres bars le font, et les contrôles sont insuffisants. La température est retombée ces derniers jours, et la rue est devenue moins bruyante, mais d’ici deux semaines ça sera à nouveau le printemps et ça recommencera.
Pour ma part, j’ai appliqué une solution simple : j’ai acheté la paix sociale avec un de mes voisins en lui donnant 150 euros par mois. Depuis, il ne proteste plus. J’ai également relogé des personnes qui vivaient au-dessus de mes enseignes. Je leur ai trouvé un nouvel appartement et je leur ai racheté le leur où j’ai installé mes bureaux. Les autorités auraient dû réfléchir dans ce sens avant de transformer la rue : il aurait fallu reloger les habitants et réhabiliter les immeubles pour en faire des hôtels ou des lofts, qui auraient été loués par des personnes sachant à quoi s’attendre.